Est -ce que vous avez déjà vécu un moment de peur ? Est -ce que vous avez surmonté cette peur pour accomplir quelque chose dont vous êtes fiers ? Aujourd'hui, je vous raconte une histoire qui m'est arrivée. C'est l'histoire d'une ascension dans l'Himalaya, une aventure de jeunesse. Alors, prenons une pause café croissant et apprenons ensemble le français. À la fin de mes études, je voulais voyager, partir à l'étranger, découvrir d'autres horizons. J'étais en stage de fin d'études quand un jour, mon père m'appelle. Un de ses anciens collègues, un type bien, très sympa, hyper sportif, le genre qui fait le tour du Mont Blanc en courant, il organise un trek. Un trek au Népal. Il a déjà quatre autres personnes, il lui faudrait une cinquième personne pour participer au voyage, donc il a proposé à mon père. Mais mon père a décliné, il a refusé, il a trop mal au dos pour ce genre d'aventure, mais il a pensé à moi. Donc il m'appelle pour me proposer ce trek au Népal. Moi, à l'époque, j'ai 22 ans, je suis en bonne forme physique, même si j'ai jamais été ultra sportive, et puis j'ai envie de voir le monde. Alors je dis oui. Les mois suivants, j'achète mon équipement, je fais quelques randonnées. Et au mois de novembre, on décolle pour Katmandou. Les premiers jours de trek, je découvre les plats épicés du Népal, les premières vues à couper le souffle, les nuits dans des lodges sans chauffage. Il faut savoir qu'il y avait eu une série de séismes, deux ans auparavant, qui ont détruit toute une partie de la zone qu'on traverse. Plus on monte et plus le pays a été touché. Il n'y a pas d'électricité, pas d'internet, pas d'eau chaude. On prend des douches glacées alors qu'il fait de plus en plus froid. Ce qui est déconcertant au Népal lors d'un trek, c'est la diversité des climats. En quelques jours, on passe de la jungle où il fait hyper chaud. Il y a des bananiers, des singes qui se baladent autour de nous, on entend les oiseaux. A ensuite une zone désertique, froide, rocheuse, avec des lacs de montagne gelés, des vues superbes sur des pics embrumées. Vers la moitié du trek, on approche du sommet de notre voyage. On doit monter à 5000 mètres d'altitude. Depuis une semaine qu'on grimpe, on s'acclimate et on fait une journée de pause pour s'acclimater, pour éviter le mal des montagnes, donc pour s'habituer à cette altitude. Le jour de la grande ascension, on part très tôt le matin à la lueur de nos frontales. En haute montagne, l'air est glacial tant que le soleil n'est pas levé, donc il fait très froid. Et on monte, on monte. Mais il faut se souvenir que je ne suis pas très entraînée et que j'ai donc découvert pendant ce trek que j'avais peur dans les descentes. Donc j'ai peur quand on descend. Pas quand on monte, ça va, mais quand on descend et que ça glisse. Je ne l'avais pas trop ressenti dans nos petites randonnées en Auvergne. L'Auvergne, c'est une région au centre de la France avec pas mal de montagnes, des petites montagnes. Et dans ces montagnes du centre de la France, je n'avais pas eu cette impression. Mais les dimensions ne sont pas du tout les mêmes. Dans l'Himalaya, c'est vraiment impressionnant. Alors depuis quelques jours dans l'Himalaya, les descentes abruptes, glissantes, me font peur à chaque fois qu'on redescend. Parfois, Dawa, notre sherpa, il me donne la main dans les descentes. On se tient à peine, mais il a le pied tellement assuré que ça me rassure. Comme il a grandi dans ses montagnes, lui, il ne glisse jamais. C'est incroyable. Mais ce jour -là, le jour de cette grande ascension, il y a un élément que je n'avais pas anticipé et qu'on rencontre pour la première fois du voyage. On marche sur de la glace. Sur de la glace, de la neige, ça glisse. Sauf que moi, qui ai peur quand ça glisse, je me dis, monter, ça va, mais j'arriverai jamais à descendre. Pour moi, c'est la fin. Je m'effondre en larmes. Je me dis qu'il faut que je redescende maintenant, sinon je vais rester bloquée. Et bloquée en haut de la montagne, j'arriverai pas à descendre. C'est la panique. Cumulé en plus à la fatigue physique, ça fait déjà une semaine qu'on marche. Alors je pleure, je suis vraiment complètement anxieuse, j'ai peur, je suis paniquée. Alors celui qui a organisé ce trek vient me voir et il me dit, "Honnêtement, je pensais que tu craquerais plus tôt. J'ai vu des personnes bien plus entraînées que toi, craquer plus tôt dans ce genre de trek. Mais toi, tu es arrivé jusque -là. Et là, tu es déjà plus haut que le Mont -Blanc." Cette phrase -là, elle me restera toute ma vie. "Tu es déjà montée plus haut que le Mont -Blanc." C'est la montagne la plus haute de France, la plus haute d'Europe. C'est vraiment un symbole et un repère. Alors, ça m'a boostée. J'ai recommencé à grimper. Et tous ensemble, on y est arrivé. On est monté à plus de 5000 mètres ce jour -là. Ça reste à ce jour l'aventure la plus impressionnante de ma vie, celle où je me suis le plus dépassée. Et ça, je le dois à l'équipe qu'on était. On s'est soutenus. On s'est aidés dans les moments difficiles. Et ils ont cru en moi quand moi, je ne me sentais pas capable. Parfois, c'est tout ce dont on a besoin. Un coup de main, une phrase d'encouragement, et on peut atteindre des sommets. Et si vous vous demandez, finalement, on est redescendu de l'autre côté de la montagne, qui était ensoleillé, donc il n'y avait pas de glace dans la redescente. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui dans La Pause Café Croissant. Je vous souhaite une très bonne journée, et à bientôt pour un prochain épisode.
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